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Jean Couvreur designer interview Designerbox

Le design élémentaire de Jean Couvreur

Designer à la tête de son propre atelier, professeur à l’école Bleue, Jean Couvreur vit, respire et rêve design. Au delà d’un simple métier, le design est pour lui l’occasion de développer une véritable philosophie qu’il s’applique à décliner au gré de ces différents projets. « À travers un dessin simple, le studio Jean Couvreur tente de révéler l’essence des objets qui nous entourent. » résume-t-il…

 

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 Interview de Jean Couvreur, le créateur de la Designerbox #65

etagere blanche
Le plus petit gradin du monde
Mobilier sonore

Pour commencer, le designer se défend d’avoir une signature formelle qui pourrait permettre de l’identifier d’un seul coup d’œil.

 

“Il serait tentant de qualifier mon design de minimaliste, mais chez moi cette épure est une conséquence, plutôt qu’une volonté.”

 

Soucieux de dépouiller ses réalisations de toutes fioritures inutiles comme de résister à la tentation de les marquer de son sceau, Jean Couvreur privilégie effectivement les formes élémentaires et aisément compréhensibles. D’une simplicité
rigoureuse, l‘étagère CAKE est étoffée d’une rythmique basique et universelle qui vient ourler l’objet pour parler à tout un chacun. « De la gourmandise des cannelures d’un cupcake à l’élégance des marquises en verre des perrons parisiens, en passant par la quotidienneté des ratures que l’on griffonne sur papier lorsque l’on patiente au téléphone, chacun trouvera sa propre référence dans le motif, c’est bien ce qui le rend universel. » Se refusant à citer tout modèle emblématique ou même courant dans le design qui puisse être, pour lui, source d’inspiration, Jean Couvreur affirme se nourrir plutôt des formes archétypales qui composent le quotidien et débusquer inlassablement « l’extra » dans « l’ordinaire ».

 

Cette pureté des formes et cette réutilisation ingénieuse des codes universels sont bien entendu le fruit d’une réflexion poussée. « Je répète allègrement à mes étudiants que tout ce qui n’est pas indispensable est, pour moi, parfaitement inutile ». Féru de dessin depuis le collège, le designer s’applique, depuis sa sortie de l’ENSCI dont il est diplômé, à gommer minutieusement chaque trait de crayon intempestif qui viendrait polluer la fonction. Matières à action plutôt qu’à réflexion, les objets du designer prennent pleinement en considération l’imaginaire comme les besoins des utilisateurs.

 

 

Dans le cadre de projets visant à améliorer l’espace urbain, Jean Couvreur préfèrera récupérer, voire épurer l’existant plutôt que de saturer un peu plus le paysage avec des matériaux nouveaux. Monolithe de béton de 3 mètres sur deux colonisé à l’envie par une flaque d’eau que l’on active au moyen d’une manivelle, le Banc Frais créé pour Lyon City demain, s’inspire d’une technique ancestrale d’humidification de la pierre pour rafraîchir les citadins. Dans le même esprit, Le Plus Petit Gradin du Monde, reprend les formes connues et naturellement accueillantes des villes pour imaginer un ilot de sociabilité unique et singulier. Élémentaire… Et pourtant pas si simple : pour qui y regardera de plus près, chaque marche ou assise du gradin est microperforée selon un motif très précis qui permet à l’eau de pluie de s’écouler.

 

“Dessiner les choses de façon simple nécessite beaucoup de dessins”

 

Designer produit, le studio s’illustre aussi en scénographie, travaillant alors spécifiquement sur de la création de mobilier ou de micro-architectures. Pour le musée de l’homme, il imagine, par exemple, Sonore : une alcôve en bois destinée à accueillir le visiteur afin de l’extirper de l’effervescence du dehors pour l’immerger dans une enveloppe sensorielle grâce à un dispositif technologique interactif incluant un écran tactile et un système de sonorisation. Sous son apparente simplicité, la cabine redouble d’ingéniosité pour faire disparaître le dispositif technologique complexe qu’elle contient.

 
 


La boîte à surprise de designerbox démocratise le design