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Portrait décoratrice Marion Mailaender

Sous le soleil de la décoratrice Marion Mailaender

Elle a installé ses bureaux en 2011 rue de Navarin, artère désormais ultra convoitée du fameux ‘SoPi’. Si Marion Mailaender, estampillée décoratrice à suivre par le magazine AD, a, à l’instar de son quartier, vu sa cote grimper ces dernières années, la petite échoppe qui abrite son agence « Design et fils » dénote avec l’image qu’on peut se faire d’un cabinet d’archi. Peu étonnant quand on comprend que Marion se définit volontiers dans le décalage, que ce soit sur un plan personnel ou artistique…

 

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 Interview de Marion Mailaender, créatrice de la designerbox #53

designerbox 53, Sample vase design by Marion Mailaender
designerbox 53, deco boutique Amélie Pichard design by Marion Mailaender

Marseillaise d’origine, Marion est montée à Paris pour faire des études « géniales » à l’école Boulle en architecture d’intérieur puis en design mobilier. Quelques années plus tard, l’accent du sud s’est évaporé, mais lui reste cet enthousiasme simple et solaire qui fait rayonner ses réalisations et lui a certainement valu son premier job dans une agence d’architecture de luxe.

 

Jeune active, elle conçoit des villas tropéziennes pour de richissimes russes, le temps d’absorber la juste dose de kitsch qu’elle aime, encore aujourd’hui, resservir avec humour. Quelques mois plus tard, elle se lance à son compte en montant « Design et fils » une agence dont le nom raconte d’emblée son métier mais qui laisse planer le doute quant à sa composition « à la base, je voulais que l’on puisse croire à une grosse structure pour pouvoir fédérer au sein de l’agence un collectif de créatifs et surtout que mon activité ne repose pas sur mon nom seul. » Si dans la réalité, les choses se passent un peu différemment tant les médias aiment à glorifier les personnalités individuelles, Marion ne se départ pas de sa générosité et élit donc domicile dans la petite boutique de la rue de Navarin, ex-magasin de disque ouvert aux regards des passants. « J’ai d’abord travaillé les rideaux tirés, puis un jour avec un ami on s’est amusé à faire une vitrine avec des objets chinés chez des antiquaires ». Cabinet de curiosités de façade, l’agence, vue de l’intérieur, fourmille de projets variés et se transforme occasionnellement en lieu d’exposition temporaire pour réunir les talents et amis de Marion autour de thématiques données.

 

C’est avec la même spontanéité qu’elle intervient en tant que décoratrice d’intérieur pour des particuliers, des boutiques ou encore des restaurants. Récemment, sa collaboration avec la créatrice de chaussures Amélie Pichard a fait mouche. Il faut dire que leur rencontre, par le biais d’une amie commune, semblait prédestinée : dotée du même humour partageur, les deux filles ont instantanément connecté et croisé leurs univers girly un brin barrés pour concevoir « Chez Pichard », chambre à coucher/dressing qui met aujourd’hui du rose au cœur des fashionistas de l’est parisien.

 

« L’important dans mon métier c’est de rester libre et joyeuse : l’aménagement d’espace a son importance mais ce n’est pas non plus essentiel dans le sens où je ne sauve pas des vies ! »

 

Laissant tout snobisme de côté, Marion Mailaender ne se réclame d’aucun mouvement artistique en particulier : elle a un penchant pour les designers italiens des années 80, mais aime avant tout croiser les styles et les époques, évitant à tout prix l’exercice de bon goût pour privilégier l’inattendu.

 

Ses objets reflètent la même appétence pour le décalé : pieds de nez à un design sentencieux et ampoulé, ses lampes Crépis, ‘morceaux de pizzérias à emporter’, ou encore sa chaise Superpesante, variante humoristique lourde de l’iconique Superleggera de Gio Ponti, sont des pièces à dérision réjouissantes. Plus récente, sa collection de Samples vases conçus à partir de matériaux refusés par ses clients et assemblés dans un format sac à main, raconte l’ironie du sort d’échantillons autrefois boudés, aujourd’hui starisés. Instinctive, Marion Mailaender travaille ce qui lui tombe sous la main, jouant à détourner la contrainte pour donner à sourire.

 

Créatrice de la Designer Box 53, elle a avant tout penser aux arts de la table. Vecteur naturel de convivialité, son plateau à fromage en céramique CHEESESCAPE entend évoquer les coulures aléatoires d’un fromage à pâte molle. On pourra lui trouver aussi l’allure d’un paysage vivant volontairement accidenté. À la fin du repas, les abonnés apprécieront volontiers l’élégance brute de cet objet « pas nette » qui a été modelé manuellement par la designer avant d’être moulé…

 


La boîte à surprise de designerbox démocratise le design