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Portrait designer Ferréol Babin

Le temps de Ferréol Babin

Installé dans un petit village de Loire Atlantique, Ferréol Babin a prit le parti de fuir l’effervescence et les mondanités de la ville, optant avec conviction pour un design libre. Artiste designer un brin ermite mais néanmoins prolixe, l’auteur de la Designerbox #57 se raconte volontiers au travers de productions éclectiques qui n’ont de cesse d’interroger ses contemporains.

 

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 Interview de Ferréol Babin, créateur de la designerbox #57

le temps de Ferréol Babin
le temps de Ferréol Babin

Dans l’atelier logé au coeur de sa maison, Ferréol Babin a tout le loisir de s’adonner au travail manuel auquel il accorde une grande importance :

 

« même si on m’a appris que le designer ne devait se servir que de sa tête, j’ai besoin que mes mains s’expriment au même titre que mon cerveau ».

 

En témoigne la série de céramiques Lake, Building et Mountain, pour l’éditeur Pulpo qu’il a entièrement fabriqué à la main et envoyé au fabricant afin que les pièces soient reproduites en série. Partageant son temps entre des commandes ou projets industriels et des pièces de galerie, Ferréol privilégie donc systématiquement une approche artisanale et artistique, trouvant dans le design un formidable moyen d’expression.

 

« C’est d’ailleurs pour cela que j’ai choisi d’étudier cette matière dans des écoles d’art ».

 

Diplômé des Beaux Arts de Dijon en design d’espace, le jeune créateur a ensuite étudié à l’Université de Nagoya au Japon où il a choisi de se spécialiser dans l’objet avant de terminer son cursus à l’ESAD de Reims. Son projet de fin d’études, la lampe Phases est alors repérée par Fontana Arte qui en édite une version murale sous le nom de Lunaire.

 

Aussitôt récompensé par le Red Dot Award, le luminaire marque instantanément le lancement de la carrière du jeune créateur. « Je ne voulais pas commencer en tant qu’assistant d’un autre designer même si c’est le parcours classique. J’ai besoin de dire des choses au travers de la matière et prêter renfort aux idées de quelqu’un d’autre aurait été pour moi synonyme de frustration. »

 

Obtenant parallèlement une résidence d’un an à la Fabrica sous l’égide de Sam Baron, Ferréol Babin continue d’y affirmer un langage créatif sans concession. Dans la droite lignée de ses choix d’études, Il travaille exclusivement seul, sans stagiaire ni assistant et n’est pas enclin à collaborer avec d’autres designers.
 
« Je veux maîtriser toutes les étapes, de la maquette au prototype jusqu’au shooting photo : je fais tout moi-même de A à Z, même mon site internet; je ne délègue rien à personne. » Ce besoin de pureté, de s’affranchir de tout ce qui pourrait parasiter ou dénaturer son travail traduit un univers aussi fort qu’expressif.

 

« J’aime susciter le questionnement grâce aux pièces que j’imagine ».

 

Si Ferréol privilégie la géométrie simple au détriment des formes complexes ou autres effets de style, c’est pour préserver l’intemporalité de l’objet et ainsi donner de la force aux interrogations qu’il aime à provoquer. Entre son travail de galerie et celui de designer, Ferréol se plait souvent à brouiller les pistes : à mi-chemin entre sculptures et objets fonctionnels, ses pièces uniques Fusion évoluent par exemple; de matières brutes ancestrales en matériaux industriels et technologiques, affirmant, grâce au contraste, leur beauté étrange et singulière.

 

De la même façon, les lampes Bark, Crushed Candy et Coal Soul ont une géométrie très simple mais un relief et une matière indéfinissables qui suscitent la surprise, ou mieux, les questionnements. Pour autant, cette démarche artistique n’exclut pas la volonté de se plier à un cahier des charges « je me définis avant tout comme un designer » : pour des éditeurs comme Bibelo, pour qui il a imaginé l’étagère Surface ou encore la lampe Grappe, Ferréol Babin assouvit sa soif de narration tout en répondant à des contraintes de fabrication.

 

De la même façon, si le vase « Double » pour Designerbox est un objet pratique et fonctionnel, sa forme singulière n’échappera pas aux abonnés. « Puisqu’on est dans le domaine de la botanique on peut parler de greffe ou d’excroissance qui peuvent évoquer la symbolique de la maternité et donner à ce contenant, au delà de sa praticité, une dimension précieuse et attachante. » Si les plus réceptifs ne manqueront pas de donner leurs propres interprétations à ce design hors du commun, tous apprécieront l’utilité, l’esthétique et l’originalité de ce cache-pot à double étage.

 
 


La boîte à surprise de designerbox démocratise le design