Sélectionner une page

Elise Fouin designer interview Designerbox

L’art et la matière selon Elise Fouin

Serait-ce un heureux effet de son enfance franche comtoise au grand air, Élise Fouin n’a de cesse de rafraichir les paysages intérieurs à coup d’idées neuves et de délicats projets ! « Montée à Paris » comme elle le dit en souriant, pour intégrer l’école Boulle, la jeune femme s’y forme d’abord à l’orfèvrerie, aiguisant alors son goût pour le travail subtil de la matière, avant de se spécialiser dans le design d’objets et d’espaces.

 

rendez-vous

 Interview d’Élise Fouin, créatrice de la designerbox #58

Lampe Forestier et tapis chevalier edition design by Elise Fouin
lampe design by Elise Fouin
Elise fouin objets design - petite friture et tables gigognes

Si aérien et délicat soit-il, l’univers d’Elise Fouin n’en est pas moins enraciné dans l’expérience et la réalité. « La clé d’entrée, c’est toujours la matière » : tête chercheuse un brin rêveuse, la designer ne dessine pourtant pas en l’air. Privilégiant le contact et la manipulation, elle laisse le plus souvent possible les matériaux lui dicter ses projets. Ainsi est née la lampe Lucinda, réalisée au sortir de l’école, à partir de bobines d’isolation murales enroulées qu’elle s’est amusé à déployer, leur donnant cette silhouette organique qui laissera libre cours aux nombreuses interprétations. « Croissant, Coquillages ou cocons… les gens y ont lu de nombreuses références et ce fut, à l’époque, un premier succès médiatique qui a servi à me faire connaître.» Si, dans le cadre de ce projet, le fait-main fut par dé nition à l’origine de modèles uniques puisqu’on ne peut jamais déployer la même forme tout à fait à l’identique, l’histoire n’est pas tout à fait la même depuis qu’Élise collabore avec des éditeurs et des industriels sur des productions en série.

 

“« La clé d’entrée, c’est toujours la matière » ”

 

Loin d’être rompu, le dialogue avec la matière, dans ces cas-là, ne s’en tient pas aux mains mais s’attachera à narrer les dessous d’un process ou d’un savoir-faire. Chez Drugeot labo, atelier familial spécialisé dans le travail du bois, Élise Fouin s’inspire des archives et réinvente les fameuses tables bouillottes en conservant leurs pieds fuselés mais en troquant les cerclages anciens contre des métaux colorés et en misant sur un bois clair plutôt que le traditionnel cèdre foncé. De la même façon, à l’issue de la visite de l’usine de l’éditeur et fabricant de luminaires Forestier, la designer, hypnotisée par le graphisme des carcasses d’abats jours enchevêtrées qui y sont stockées, imagine la suspension Papillon puis sa déclinaison Libellule. Les objet volatiles inspirés séduisent autant par leurs courbes poétiques que par le regard décalé qu’ils portent sur un savoir-faire historique.

 

Le goût du détournement est un talent inné, mais Élise Fouin l’a sans doute développé aux côtés d’André Putman auprès de qui elle a travaillé pendant trois années à la suite d’un stage de n d’études. « C’était quelqu’un de très libre qui avait beaucoup d’humour sur les choses qui l’entouraient mais aussi sur elle-même. De ces années, j’ai retenu que tout était possible en création. » Sous l’égide prestigieuse de cette icône du design, Élise détourne, par exemple, un sandow et y accroche un anneau a n d’en faire un collier pour Cristo e. Aussi inattendue qu’astucieuse, la pièce ouvre de nouvelles perspectives et c’est cette même ingéniosité que l’on retrouvera de façon constante dans les projets futurs de la designer.

 

“« J’aime que les gens aient la liberté s’approprier mes objets, et que l’usage qu’ils en font puissent évoluer avec le temps et leurs besoins. »”

 

Pour ce faire, il faut regorger d’idées, mais il semblerait qu’Élise n’en soit jamais à court ! Lorsqu’il s’agit d’exposer, la créatrice conçoit une structure modulable qui permet de présenter les objets comme sur une feuille de papier perpendiculaire au mur. Ingénieux et discret, Système T offre ainsi d’in nies possibilités pour des scénographies diverses et variées.
 
C’est aussi aux cours de ses recherches expérimentales qu’Élise Fouin a développé son projet pour Designerbox. S’exerçant sur du papier « matériau magique qui permet l’immédiateté du faire », elle conçoit la corbeille CANDY à la faveur de quelques pliages et s’emballe instantanément pour la matière innovante retenue pour sa fabrication. Corbeille à fruit, à pain ou bien vide-poche, l’objet à vocations multiples offre aussi un aperçu très claire de a démarche créative d’Elise Fouin en invitant l’utilisateur à « nir le travail » d’assemblage à la manière d’une petite main d’un atelier de haute couture.

 
 


La boîte à surprise de designerbox démocratise le design