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Alain gilles interview for designerbox

Le design juste et généreux d’Alain Gilles

Depuis son studio de création bruxellois, Alain Gilles se prête au jeu de l’interview avec la jovialité qui le caractérise. Jamais à court d’un trait d’humour, comme pour mettre son interlocuteur immédiatement à l’aise, Alain Gilles revient sur ses débuts professionnels loin de la création design en tant qu’assistant de recherches en sciences politiques ainsi que ses cinq années passées dans un grand groupe du secteur financier, avant d’entamer sa « pause carrière ». « Personne ne comprenait en quoi consistait mon métier », assène- t-il. Une réaction qui le poussera de fil en aiguille à raccrocher avec son envie de créer des choses. Son diplôme de design industriel en poche, il travaille pour de grands noms du design italiens et belges, avant de fonder son propre studio.

 

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 Interview d’Alain Gilles, étoile du design belge et créateur de la designer box #54

designerbox 54, Fauteuil design for Vincent Sheppard by le designer Alain Gilles
designerbox 54, Aménagement bureau et interior design by Alain Gilles pour le buzzi Hub

Alain Gilles sourit à la vie et elle lui rend bien. Ses créations plaisent et la reconnaissance ne se fait pas attendre. C’est que toutes allient justesse, personnalité et générosité : Le bahut Container et la table Tectonic, édités par Bonaldo, le tabouret Chubby chez Verreum ou encore son travail pour Buzzispace que l’on ne peut décorréler de son expérience -rare pour un designer- en openspace dans une entreprise de plus de 1 500 salariés, avec 250 personnes par étage et tout le monde au téléphone toute la journée, du temps où il occupait des fonctions de finance back-office.

 

En quête perpétuelle de l’équilibre parfait entre rigueur des lignes et harmonie des matières, le designer s’attache à atteindre pour chaque création ce point d’orgue entre le masculin et le féminin. S’il lui arrive de créer une pièce très masculine et brutaliste formellement, il lui insufflera toujours en contre-champ une vibration plus sensible et féminine. On retrouve la recherche de cet idéal aussi bien dans ses objets que dans ses outils destinés à l’aménagement de bureaux qu’il veut fonctionnels et pointus visuellement mais chaleureux dans l’usage. Si à ses débuts le designer commence par prendre le contre-pied de la tradition minimaliste belge qui lui apparaît froide et plutôt redondante, c’est pour mieux y revenir en y intimant la dose de chaleur et gaité qui lui sont chères.

 

« J’ai toujours aimé jouer avec le spectre des couleurs, et je peux désormais jouer avec le bois, ce que je me refusais à l’époque de faire, de peur de me couler dans un moule trop belge. »

 

Alain Gilles est aujourd’hui de ces designers qui parviennent à dessiner des lignes d’une exactitude implacable tout en insufflant à chaque création une sensibilité quasi maternelle. Celui qui se définit comme « une personne normale » dans son rapport au design est convaincu que pour créer, il faut avoir vécu des choses. C’est cette expérience et la retranscription d’influences glanées au hasard de la vie qui lui permettent de générer un univers si singulier.

 

Le designer aime repousser les limites de son métier et s’attaquer à des projets plus globaux d’aménagement d’intérieur, comme cet « Empty Shop » d’Oxfam, un charity shop aménagé en pop up store dans la rue la plus branchée de Bruxelles. Il imagine pour le compte de l’ONG le concept de « La Fabbrica del Valore », et interpelle de manière iconoclaste sur la question de l’économie circulaire dans l’industrie textile. Cette casquette de touche-à-tout et d’instigateur de concepts plus large que la simple production d’objets, Alain Gilles la revendique.

 

Pour la Designer Box de décembre, Alain Gilles a voulu « remplir le plus possible » la boite des abonnés avec un vase-bougeoir volontairement simple, mais qui invite subtilement à la multi- fonctionnalité, laissant à chacun le soin de se l’approprier à sa guise. Une attention toute particulière a été apportée à la question du poids visuel des différentes parties de l’objet. « Avec « Matter », je voulais un objet qui soit plus grand que la boite et que les abonnés se l’approprient pour y amener la vie. » Généreux, on vous dit !

 


La boîte à surprise de designerbox démocratise le design